OpenAI met fin aux projets d’un développeur ayant créé une tourelle automatisée

OpenAI a affirmé avoir identifié cette violation de ses politiques et a agi en conséquence.

Début janvier 2025, OpenAI a coupé l’accès à son API à un développeur connu sous le pseudo « STS 3D ». Ce dernier avait diffusé une vidéo montrant un fusil monté sur une tourelle motorisée, commandé à la voix via ChatGPT. Retour sur l’affaire, rapportée par Futurism et Gizmodo.

L’essentiel
  • Quoi : une tourelle armée amateur, pilotée par commandes vocales grâce à l’API Realtime d’OpenAI, filmée en train de tirer sur les murs d’une pièce.
  • Qui et quand : le développeur « STS 3D » ; OpenAI a confirmé à Futurism, le 8 janvier 2025, avoir exigé qu’il cesse cette activité.
  • Pourquoi ça compte : les règles d’usage d’OpenAI interdisent de développer ou d’utiliser des armes avec ses services, alors que l’entreprise se rapproche elle-même du secteur de la défense.

Un projet controversé qui fait des vagues #

L’affaire part d’une vidéo devenue virale sur Reddit. On y voit le créateur de la tourelle lancer à voix haute : « ChatGPT, nous sommes attaqués à l’avant gauche et à l’avant droite ». L’arme pivote alors et tire sur les murs voisins. Selon Futurism, il s’agissait apparemment de balles à blanc. La rapidité de réaction de cette arme, soulignée par Gizmodo, a nourri de vives inquiétudes sur l’usage de l’intelligence artificielle dans des contextes potentiellement mortels.

Le média précise que la manière exacte dont STS 3D a intégré les outils d’OpenAI à son projet reste floue, et que le développeur n’a pas répondu à ses sollicitations.

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OpenAI, consciente des risques, a réagi rapidement : un porte-parole a indiqué à Futurism que l’entreprise avait elle-même repéré l’infraction et demandé au développeur d’arrêter. Les règles d’usage de l’entreprise interdisent d’employer ses services pour développer ou utiliser des armes, ou pour automatiser certains systèmes susceptibles d’affecter la sécurité des personnes.

« Nous avons identifié de manière proactive cette violation de nos règles et avons demandé au développeur de cesser cette activité. » Un porte-parole d’OpenAI, cité par Futurism (8 janvier 2025)

Les dangers de l’automatisation des armes #

Pour Gizmodo, l’épisode illustre une inquiétude bien plus large, qui dépasse les seuls spécialistes en intelligence artificielle. Des drones autonomes capables d’identifier et de frapper des cibles sans intervention humaine sont en cours de développement. Le média estime qu’un tel usage encourage la complaisance des opérateurs et rend la question de la responsabilité très difficile à trancher, comme le redoutent de nombreux experts de l’IA.

Gizmodo rappelle aussi une enquête du Washington Post selon laquelle Israël a utilisé l’IA pour sélectionner des cibles de bombardement, parfois de manière indiscriminée. Ce précédent met en lumière le danger de l’IA dans des contextes militaires et pose une question simple : qui est responsable lorsqu’une décision tragique est prise par une machine ?

Les implications éthiques et politiques de l’IA dans la défense #

Le débat reste vif. Les partisans de ces technologies avancent qu’elles protègent les soldats en les tenant à distance des combats, qu’elles facilitent la reconnaissance et qu’elles permettraient des frappes plus précises, ce qui dépend toutefois de l’usage qui en est fait. Les critiques citées par Gizmodo jugent que les États-Unis feraient mieux de renforcer leur capacité à brouiller les communications ennemies, afin de compliquer le lancement de drones par leurs adversaires.

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La position d’OpenAI est elle-même scrutée. Futurism rappelle que l’entreprise a discrètement retiré en 2024 la mention qui excluait les usages militaires de ses règles, tout en maintenant l’interdiction de nuire à autrui, armes comprises. En décembre 2024, elle a aussi annoncé un partenariat avec Anduril, fabricant de drones et de missiles, pour des systèmes de défense contre les attaques de drones.

  • OpenAI interdit l’utilisation de ses produits pour développer ou utiliser des armes.
  • Selon Gizmodo, de nombreux modèles open source échappent à ce type de restriction et peuvent servir à des fins militaires.
  • L’impression 3D de pièces d’armement rend, toujours selon Gizmodo, la situation encore plus préoccupante.
  • Gizmodo s’attend à ce que les entreprises de la « défense tech » profitent de l’arrivée de la nouvelle administration Trump.
  • Le débat éthique sur l’automatisation des armes est plus pertinent que jamais.
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Le monde de la technologie et de la défense est à un tournant. OpenAI affiche une position ferme contre l’usage de ses outils à des fins létales, tandis que d’autres acteurs, et elle-même via Anduril, explorent les applications militaires de l’IA. Gouvernements et entreprises ont tout intérêt à fixer des règles claires pour ces usages sensibles.

À retenir
  • En janvier 2025, OpenAI a sommé le développeur « STS 3D » de cesser d’utiliser ses outils pour piloter une tourelle armée.
  • Motif invoqué : ses règles d’usage interdisent le développement et l’utilisation d’armes.
  • L’affaire relance le débat sur les armes autonomes, alors qu’OpenAI s’est elle-même rapprochée d’Anduril.

Questions fréquentes #

Qui est « STS 3D » ?
C’est le pseudo d’un développeur amateur dont la vidéo de tourelle commandée à la voix via ChatGPT est devenue virale début janvier 2025. Futurism indique qu’il ne semble lié ni à l’armée ni à un industriel de la défense.
Pourquoi OpenAI a-t-elle coupé son accès ?
Parce que ses règles d’usage interdisent d’utiliser ses services pour développer ou utiliser des armes, ou pour automatiser des systèmes pouvant affecter la sécurité des personnes. L’entreprise dit avoir repéré elle-même l’infraction.
OpenAI travaille-t-elle avec l’armée ?
OpenAI a annoncé en décembre 2024 un partenariat avec Anduril pour des systèmes de défense contre les drones, tout en continuant d’interdire l’usage de ses outils pour fabriquer ou utiliser des armes.

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